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Recrutement : Quelles questions un employeur peut-il poser ?
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Recrutement : Quelles questions un employeur peut-il poser ?

Une grande banque est accusée de collecter des données personnelles. Décryptage et conseils pour aider votre enfant à naviguer ses premiers entretiens.

L'actualité qui nous interpelle

Vous en avez peut-être entendu parler : la banque Société Générale fait l'objet d'une plainte pour avoir posé des questions jugées trop personnelles dans ses formulaires de recrutement pour des postes à l'international. Orientation sexuelle, appartenance ethnique, engagement politique... Ces informations ont-elles leur place dans un processus d'embauche ? Cette actualité est l'occasion parfaite de faire le point sur ce que la loi autorise et, surtout, de donner à nos jeunes les clés pour aborder sereinement leurs premières candidatures.

Que dit la loi en France ? Le principe de pertinence

En France, la règle est simple et protectrice. Le Code du travail stipule que les informations demandées à un candidat doivent avoir un lien direct et nécessaire avec le poste proposé ou avec l'évaluation de ses aptitudes professionnelles. Le but est d'éviter toute forme de discrimination à l'embauche.

Concrètement, un recruteur a parfaitement le droit de poser des questions sur :

  • Le parcours scolaire et les diplômes obtenus
  • Les expériences professionnelles passées (stages, alternance, jobs étudiants...)
  • Les compétences techniques (maîtrise d'un logiciel, d'une langue...)
  • La motivation pour le poste et l'entreprise

En revanche, une série de questions sont tout simplement interdites car elles touchent à la vie privée et n'ont aucun rapport avec les compétences. Un recruteur n'a pas le droit de demander à votre enfant des informations sur :

  • Son état de santé ou un éventuel handicap (sauf pour des postes à risques, via le médecin du travail)
  • Sa situation familiale (marié, célibataire, enfants, projet de grossesse...)
  • Ses origines ethniques ou sa nationalité (sauf pour vérifier l'autorisation de travail)
  • Ses convictions religieuses, politiques ou syndicales
  • Son orientation sexuelle

Alors, pourquoi certaines entreprises posent-elles ces questions ?

Le cas de la Société Générale est intéressant car il met en lumière une complexité : les règles varient d'un pays à l'autre. La banque se défend en expliquant que ces questionnaires concernaient des postes à l'étranger (Royaume-Uni, Canada...) où la collecte de données sur la diversité est plus courante, voire encouragée. L'objectif affiché est de mesurer et d'améliorer la diversité des équipes, en garantissant que les données sont anonymisées et non visibles par les recruteurs directs.

Cependant, pour les associations qui ont porté plainte, le risque est bien réel. Même si l'intention est louable, le candidat peut se sentir obligé de répondre, de peur que son refus ne nuise à sa candidature. C'est tout le paradoxe : des outils pensés pour lutter contre les discriminations pourraient, involontairement, en créer.

Nos conseils pour votre enfant face à un formulaire de recrutement

Le premier emploi, le premier grand stage... C'est une étape excitante mais aussi stressante. Voici quelques conseils pratiques à partager avec votre jeune pour aborder ces situations avec confiance :

  1. Observer avant de répondre : La plupart du temps, ces questions sensibles sont accompagnées d'une option "Je ne souhaite pas répondre" ou "Préfère ne pas préciser". C'est un droit ! Il faut toujours utiliser cette option si une question semble déplacée.
  2. Connaître ses droits : Pour un poste basé en France, c'est la loi française qui s'applique. Refuser de répondre à une question illégale ne peut en aucun cas justifier un rejet de sa candidature. C'est un argument de poids.
  3. Ne pas surinterpréter : Inutile de paniquer ou de voir de la malveillance partout. Parfois, il s'agit de formulaires standards inadaptés, notamment dans les grands groupes internationaux. L'important est de rester concentré sur l'essentiel.
  4. Valoriser ce qui compte vraiment : Le plus important est de consacrer son énergie à mettre en valeur ses compétences, ses expériences et sa motivation. C'est sur ces critères, et uniquement ceux-là, que votre enfant doit être évalué.

En conclusion, si cette actualité peut sembler inquiétante, elle est surtout un excellent rappel : le cadre légal en France est très protecteur pour les candidats. Le rôle des parents est d'informer et de rassurer, pour que nos jeunes abordent le monde du travail en étant des candidats avertis, conscients de leur valeur et de leurs droits.

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