Parcoursup approche : entre excitation et angoisse
À quelques jours de l'ouverture de la plateforme Parcoursup, la tension monte pour des milliers de lycéens et leurs parents. Quel chemin choisir ? Aurai-je le niveau ? Comment ne pas se tromper ? Ces questions, nous les entendons tous les jours. Un récent forum pour étudiants à Troyes a mis en lumière un phénomène courant et pourtant si pénalisant : l'autocensure.
De nombreux jeunes, comme Maëlys citée dans l'article de l'Est éclair, se sentent "perdus" et n'osent pas viser certaines formations, persuadés d'avance que leur dossier ne passera pas. C'est une erreur ! En tant qu'experts, nous vous expliquons pourquoi et comment aider votre enfant à oser.
L'autocensure : le piège N°1 sur Parcoursup
Olivia, psychologue de l'Éducation nationale, le constate sur le terrain : "Parfois, ils pensent qu’ils n’ont pas le niveau donc ils ne vont pas postuler". C'est le réflexe de l'autocensure. Un mécanisme de protection qui, malheureusement, ferme des portes avant même d'avoir essayé de les ouvrir.
Pourquoi est-ce une mauvaise stratégie ?
- Des critères de sélection complexes : Les notes ne font pas tout ! Les établissements étudient le dossier dans son ensemble : le projet de formation motivé, les appréciations des professeurs (Fiche Avenir), les activités extrascolaires, l'engagement associatif... Un élève avec des notes "moyennes" mais un profil cohérent et une grande motivation peut tout à fait être retenu.
- Le droit d'essayer : Parcoursup permet de formuler jusqu'à 10 vœux (et des sous-vœux pour certaines formations). Cette largesse est une invitation à tenter sa chance. Ne pas postuler à une formation qui fait rêver par peur du refus, c'est s'assurer à 100% de ne pas y entrer. Tenter sa chance, c'est se donner une possibilité de réussite.
- Vous ne connaissez pas le niveau des autres candidats : Le niveau d'exigence d'une formation dépend aussi du niveau global des candidats une année donnée. Il serait dommage de passer à côté d'une opportunité simplement en se sous-estimant.
Notre plan d'action en 3 étapes pour aider votre enfant
Le conseil de la psychologue est simple et efficace : "anticiper, se renseigner et bien préparer les candidatures". Voici comment traduire cela en actions concrètes pour accompagner votre enfant sans lui mettre la pression.
1. Bâtir une liste de vœux intelligente et diversifiée
Encouragez votre enfant à ne pas se limiter. Comme Louise, l'étudiante qui vise une école d'architecture, il est essentiel de construire une stratégie :
- Le vœu "rêve" : La formation très sélective qui le motive le plus, même si elle semble difficile d'accès.
- Les vœux "réalistes" : Des formations qui correspondent bien à son profil, à ses résultats et à ses centres d'intérêt.
- Les vœux "de sécurité" : Des formations moins sélectives (comme une licence non sélective à l'université) pour s'assurer d'avoir au moins une proposition.
Cette diversification permet d'oser sans prendre de risque inconsidéré.
2. Devenir un expert des formations visées
La peur naît souvent de l'inconnu. Pour la combattre, rien de tel que l'information. Poussez votre enfant à :
- Participer aux journées portes ouvertes (JPO) : C'est le meilleur moyen de sentir l'ambiance, de poser des questions aux professeurs et aux étudiants.
- Éplucher les fiches Parcoursup : Chaque formation y détaille ses "attendus", ses critères d'analyse des candidatures et les débouchés. C'est une mine d'or pour comprendre ce qui est réellement important pour chaque vœu.
- Contacter les établissements : Un email ou un appel à un responsable de formation montre la motivation et permet d'obtenir des réponses précises.
3. Soigner chaque élément du dossier
Un dossier solide est la meilleure arme contre l'autocensure. Aidez votre enfant à prendre le temps de rédiger avec soin son projet de formation motivé pour chaque vœu. Ce texte est capital pour montrer sa personnalité et sa compréhension de la formation. De même, la rubrique "Activités et centres d'intérêt" ne doit pas être négligée. Un job d'été, un engagement sportif, un voyage, un projet personnel... tout peut valoriser une candidature et faire la différence.
En tant que parent, votre rôle est crucial : rassurer, encourager l'audace et dédramatiser. Rappelez à votre enfant que Parcoursup n'est pas une fin en soi, mais une étape. L'important est de faire des choix éclairés et de se donner toutes les chances de réaliser son projet, sans regrets.