Parcoursup, une jungle de 24 000 possibilités : le vertige des parents et des lycéens
Chaque année, c'est le même rituel. La plateforme Parcoursup ouvre ses portes et, avec elle, un océan de questions pour les familles. Avec plus de 24 000 formations répertoriées, le choix peut vite devenir une source d'angoisse. Comment s'y retrouver ? Comment être sûr de faire le bon choix ? En tant que parent, comment accompagner son enfant sans ajouter de pression ?
Plutôt que de voir ce chiffre comme un obstacle, voyons-le comme une formidable opportunité. Pour y naviguer sereinement, il faut une méthode et une bonne posture. Inspirons-nous des conseils des professionnels de l'orientation pour transformer cette étape en une expérience constructive.
La clé n°1 : l'implication du jeune, moteur de sa réussite
C'est le point de départ fondamental sur lequel tous les experts s'accordent : la démarche doit venir de votre enfant. Vous êtes là pour accompagner, soutenir, ouvrir des portes, mais pas pour choisir à sa place. Un coach en orientation le dira toujours : il n'est ni le parent, ni le professeur. Son rôle est de créer un espace neutre où le jeune peut explorer librement ses envies.
En tant que parent, votre rôle est de favoriser cette prise d'autonomie. Encouragez-le à :
- Être curieux et actif : Poussez-le à se renseigner, à contacter des écoles, à échanger avec des étudiants sur les réseaux ou lors des journées portes ouvertes.
- Oser poser des questions : Que ce soit à ses professeurs, au psychologue de l'Éducation nationale (Psy-EN) de son lycée ou à des professionnels du secteur qui l'intéresse.
- Faire des rencontres : L'orientation se nourrit des échanges. Un stage, même court, un job d'été, une discussion avec un ami de la famille... tout est bon pour affiner sa vision du monde professionnel.
Aller au-delà des matières : qui est vraiment votre enfant ?
Un choix d'orientation ne se résume pas à "il est bon en maths, il doit faire une prépa". C'est une erreur classique qui ignore des facteurs tout aussi importants. Les spécialistes de l'orientation insistent sur une approche globale qui prend en compte trois dimensions :
- La personnalité et les appétences : Qu'est-ce qui le motive profondément ? Aime-t-il travailler en groupe ou seul ? Est-il créatif, rigoureux, empathique ? Des exercices et des discussions peuvent l'aider à mieux se connaître.
- La maturité et l'autonomie : Votre enfant est-il prêt à vivre seul dans une grande ville ? A-t-il besoin d'un cadre scolaire très structuré (comme en BUT ou en prépa) ou s'épanouira-t-il dans l'autonomie de l'université ?
- L'environnement d'études : Le type de campus, la taille des promotions, la vie associative... Tous ces éléments sont cruciaux pour son bien-être et sa réussite.
Votre rôle est d'observer et de dialoguer avec lui sur ces aspects, sans jugement. L'objectif n'est pas de trouver LA formation parfaite pour la vie, mais de choisir le meilleur environnement pour qu'il puisse s'épanouir et grandir après le bac.
Votre boîte à outils de parent accompagnateur
Face à ce labyrinthe, pas de panique ! Vous avez des ressources. Voici une méthode simple, inspirée des approches des coachs, pour structurer votre accompagnement :
- Phase 1 : L'exploration. Prenez le temps, loin des écrans, de discuter de ses rêves, de ses centres d'intérêt, même ceux qui vous semblent éloignés des études. C'est le "laboratoire d'idées".
- Phase 2 : La connaissance de soi. Proposez-lui des tests d'orientation en ligne (ceux de l'Onisep sont une bonne base) non pas comme une vérité absolue, mais comme un point de départ à la discussion.
- Phase 3 : La recherche active. Aidez-le à organiser ses recherches : créez un tableau avec les formations qui l'intéressent, les critères (lieu, type de diplôme, débouchés), les dates des portes ouvertes.
- Phase 4 : La finalisation. Au moment de rédiger les lettres de motivation ("projet de formation motivé") et de classer les vœux, soyez un relecteur bienveillant. Votre recul peut l'aider à mieux formuler ses arguments.
N'oubliez jamais que l'orientation est un chemin, pas une destination finale. Les passerelles entre les formations existent, et les parcours professionnels ne sont plus linéaires. L'important est de poser une première pierre solide, en accord avec la personne que votre enfant est aujourd'hui.