Parcoursup : le coup d'envoi est imminent, pas de panique !
L'ouverture de la plateforme Parcoursup, prévue cette année autour du 19 janvier, marque le début d'une période souvent synonyme de stress pour les lycéens... et leurs parents. Entre les vœux à formuler, les spécialités à valoriser et l'avenir à dessiner, il est facile de se sentir dépassé. Mais respirez ! Nous avons analysé les conseils de Stéphanie Tinayre, Déléguée de région académique adjointe à l’information et l’orientation, pour vous offrir un guide pratique et déculpabilisant.
1. L'orientation : un marathon, pas un sprint
Le premier conseil, et le plus important, est de dédramatiser. L'orientation de votre enfant ne se joue pas en quelques semaines sur Parcoursup. Comme le souligne l'experte, "l'orientation se construit en parallèle de la prise de maturité des ados". Ce processus a commencé bien avant la Terminale, dès les premiers choix en 3ème, et il continuera bien après. Votre rôle n'est pas de trouver la solution parfaite, mais d'accompagner une réflexion qui évolue avec votre enfant.
2. Les 3 pièges à éviter pour faire les bons choix
Le chemin de l'orientation est semé d'embûches. En voici trois, identifiées par les professionnels, qu'il est essentiel de connaître pour mieux les contourner.
- Les idées reçues et les représentations erronées : "Les études scientifiques, c'est pour les garçons", "Un BUT, c'est moins prestigieux qu'une licence", "Cette filière ne mène à rien"... Ces clichés sont tenaces et dangereux. Encouragez votre enfant à vérifier les informations, à consulter les fiches détaillées sur Parcoursup, et surtout, à se rendre aux journées portes ouvertes pour se faire sa propre idée.
- L'autocensure : C'est un phénomène bien réel. "On voit que les filles se censurent beaucoup lorsqu'il s'agit d'aller vers des études scientifiques", alerte Mme Tinayre. Cette autocensure peut aussi toucher des jeunes qui n'osent pas viser des filières jugées trop sélectives. Votre soutien est crucial pour leur donner confiance et les inciter à oser.
- Le faux dilemme "passion contre sécurité" : Faut-il choisir une formation qui garantit un emploi ou celle qui fait vibrer ? La bonne nouvelle, c'est que Parcoursup permet de ne pas choisir.
3. Parcoursup, votre allié pour oser et sécuriser
Oubliez l'image d'une machine infernale ! La plateforme a un avantage majeur : les vœux ne sont pas hiérarchisés. Cela signifie que votre enfant peut, et doit, jouer sur plusieurs tableaux sans risque.
Concrètement, il peut formuler :
- Des "vœux de cœur" : une filière sélective, une école d'art, un cursus original qui le passionne. Il faut tenter sa chance, car "on peut avoir tout à fait de bonnes surprises sur les réponses des formations", encourage l'experte.
- Des "vœux de raison" : des formations plus généralistes ou moins sélectives, qui correspondent à ses compétences et offrent de bons débouchés. C'est le filet de sécurité qui permet de formuler les vœux de cœur en toute sérénité.
4. Et si on se trompe ? Le droit à l'erreur existe !
C'est le message le plus rassurant à retenir. Stéphanie Tinayre est formelle : "On ne joue pas toute sa vie sur Parcoursup, c'est très important." Une erreur d'orientation n'est jamais un échec définitif. Le système d'enseignement supérieur français est de plus en plus flexible.
Des "passerelles" existent partout, permettant de se réorienter après un semestre ou une première année. Un étudiant peut passer d'une licence à un BUT, d'une prépa à l'université, ou même retenter sa chance sur Parcoursup l'année suivante avec un dossier plus mûr. Cette flexibilité doit vous permettre d'aborder la période avec beaucoup moins de pression.
En conclusion, votre rôle de parent est essentiel : écoutez sans juger, questionnez sans imposer, et surtout, rassurez. L'orientation est une aventure, avec ses explorations et ses détours. Accompagnez votre enfant avec confiance, il trouvera sa voie.