L'orientation, une pression qui commence dès le collège
En tant que parents, vous le constatez certainement : la question de l'orientation arrive de plus en plus tôt dans la scolarité de nos enfants. Parfois dès la 4ème, une pression s'installe, générant angoisse et incertitude. Une initiative récente menée au collège de l'Aubance, près d'Angers, met en lumière cette réalité, tout en proposant des solutions concrètes, notamment pour les jeunes filles lorgnant vers les filières scientifiques et technologiques.
Lors de l'événement « Elles bougent pour l’orientation », des collégiennes ont pu échanger avec des "marraines" aux parcours inspirants : ingénieures, docteures en physique... L'objectif ? Démystifier les études longues, briser les stéréotypes et montrer que tous les chemins sont possibles. Analysons ensemble ce que cette belle initiative nous apprend sur l'accompagnement de nos enfants aujourd'hui.
Au-delà des diplômes : les nouvelles préoccupations des adolescentes
L'époque où l'on choisissait un métier uniquement pour son titre ou sa stabilité est révolue. Les témoignages des professionnelles présentes à cet événement sont éclairants : les questions des jeunes filles ont évolué. Elles ne s'interrogent plus seulement sur la nature du travail, mais aussi sur des aspects très concrets qui dessinent un projet de vie :
- L'égalité salariale : "Est-ce que je gagnerai autant qu'un homme ?" Cette question, autrefois taboue, est désormais posée frontalement. Elle révèle une conscience aiguë des enjeux d'égalité et une volonté de se projeter dans un monde professionnel plus juste.
- L'équilibre de vie : Derrière la crainte des "parcours d'études trop longs" se cache souvent l'angoisse de devoir sacrifier sa vie personnelle. Nos enfants cherchent un métier qui s'intègre dans un projet de vie global et épanouissant.
- Le sens et l'impact : En s'intéressant aux sciences, elles cherchent à comprendre le monde et à y contribuer. L'envie de participer à la création des métiers de demain est une motivation puissante.
Ces préoccupations sont saines et légitimes. Notre rôle est de les accueillir, d'en discuter ouvertement et de les aider à trouver des réponses, plutôt que de les balayer d'un revers de la main.
La fin du mythe de la "carrière unique" : une bonne nouvelle !
C'est sans doute le message le plus rassurant à transmettre à nos adolescents. Myrtille Bourez, une des marraines de l'événement, le formule parfaitement : "Quelqu’un qui fait quarante ans dans un métier ça n’existe plus." Cette phrase est libératrice. Elle signifie que le choix fait en 3ème ou en Terminale n'est pas une sentence à perpétuité. L'orientation est un chemin, pas une destination finale.
L'autre chiffre clé qu'elle partage est vertigineux mais porteur d'espoir : 50% des métiers de 2030 n'existent pas encore. Plutôt que de voir cela comme une source d'angoisse, voyons-y une formidable opportunité. Nos enfants ne doivent pas seulement se préparer à des métiers existants, mais devenir ceux qui les inventeront. Cela change complètement la perspective : l'important n'est plus de trouver "le bon métier", mais de développer les bonnes compétences :
- La curiosité et l'envie d'apprendre en continu
- La créativité et la capacité à résoudre des problèmes
- L'adaptabilité et la flexibilité
- La collaboration et la communication
Votre rôle de parent : accompagner sans surcharger
Face à ce nouveau paradigme, comment pouvez-vous, en tant que parent, être un guide efficace et bienveillant ?
- Encouragez la découverte : Multipliez les occasions de rencontrer des professionnels de tous horizons (y compris via des événements comme celui-ci), de visiter des entreprises, de regarder des documentaires sur des métiers variés. L'objectif est d'ouvrir le champ des possibles, pas de le fermer.
- Valorisez les compétences plutôt que les métiers : Aidez votre enfant à identifier ce qu'il ou elle aime faire (résoudre des énigmes, créer, aider les autres, organiser...) et montrez-lui comment ces compétences peuvent se traduire dans une multitude de carrières futures.
- Déculpabilisez l'erreur : Le droit de se tromper, de changer d'avis, de bifurquer est fondamental. Un parcours n'est jamais une ligne droite. Rassurez votre enfant sur le fait qu'une réorientation n'est pas un échec, mais une preuve de maturité.
- Soyez un facilitateur, pas un décideur : Votre rôle est d'apporter des informations, de poser les bonnes questions, de rassurer, mais la décision finale doit appartenir à votre enfant. C'est sa volonté, comme le souligne l'article, qui doit être le moteur de son choix.
En conclusion, des initiatives comme "Elles bougent pour l'orientation" nous rappellent que l'orientation est avant tout une aventure humaine. En encourageant nos filles (et nos garçons !) à être curieux, audacieux et à l'écoute de leurs aspirations profondes, nous leur donnons les meilleures clés pour construire, et pas seulement subir, leur avenir professionnel.