Envisager une poursuite d'études ou un stage hors de France représente une opportunité inestimable pour le développement personnel et académique d'un étudiant. Cependant, la question du budget constitue souvent le principal frein pour les familles. Il est essentiel de savoir que de nombreux dispositifs existent pour alléger ce coût : de l'allocation Erasmus+ à l'Aide à la Mobilité Internationale (AMI) pour les boursiers, en passant par les subventions des conseils régionaux. Ces financements, souvent cumulables, permettent de couvrir une partie significative des frais de vie sur place.
Qu'est-ce qu'une bourse de mobilité internationale ?
Une bourse de mobilité internationale est une aide financière accordée aux étudiants de l'enseignement supérieur pour les soutenir lors d'un séjour d'études ou d'un stage à l'étranger. Contrairement à une bourse d'études classique qui vise à couvrir les frais de scolarité ou de vie quotidienne en France, cette aide est spécifiquement conçue pour compenser les coûts supplémentaires liés au déplacement et à l'installation dans un autre pays (voyage, logement, différence de coût de la vie). Elle n'a pas vocation à couvrir l'intégralité des dépenses, mais constitue un complément indispensable au budget de l'étudiant.
L'allocation Erasmus+ : le socle du financement européen
Le dispositif le plus connu reste sans conteste le soutien financier apporté par l'Union Européenne. Lorsque l'étudiant part dans le cadre structuré du programme Erasmus, il bénéficie quasi systématiquement d'une allocation mensuelle. Ce financement est destiné à couvrir une partie des frais de voyage et de subsistance.
Des montants variables selon le pays de destination
Le montant de l'aide Erasmus+ n'est pas fixe ; il dépend du coût de la vie dans le pays d'accueil. Les pays sont classés en trois groupes :
- Groupe 1 (coût de la vie élevé) : Pays scandinaves, Irlande, etc. L'aide est généralement plus élevée.
- Groupe 2 (coût de la vie moyen) : Allemagne, Espagne, Italie, etc.
- Groupe 3 (coût de la vie plus faible) : Pays de l'Est, Bulgarie, etc.
Pour l'année universitaire 2023-2024, les bourses oscillaient généralement entre 225 € et 600 € par mois pour un séjour d'études, et peuvent être supérieures pour un stage.
Le complément pour l'inclusion
Une attention particulière est portée aux étudiants ayant moins d'opportunités (situation de handicap, problèmes de santé, difficultés économiques). Un complément financier forfaitaire (souvent autour de 250 € par mois) peut s'ajouter à la bourse de base pour favoriser l'égalité d'accès à la mobilité.
L'Aide à la Mobilité Internationale (AMI)
Ce dispositif est financé par le Ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Il s'adresse spécifiquement aux étudiants qui bénéficient déjà d'une bourse sur critères sociaux (BCS) ou d'une aide spécifique annuelle.
Pour bénéficier de l'AMI, le séjour à l'étranger doit durer entre 2 et 9 mois consécutifs. Le montant est fixé à 400 € par mois. Il est important de noter que cette aide est gérée directement par les établissements d'enseignement supérieur, qui disposent d'un contingent limité de mensualités à distribuer. Être boursier ne garantit donc pas automatiquement l'obtention de l'AMI ; la sélection se fait souvent sur dossier ou selon des critères académiques définis par l'établissement.
Les aides régionales et départementales
Les collectivités territoriales jouent un rôle majeur dans le soutien à la mobilité des jeunes. La plupart des régions françaises proposent leurs propres bourses, souvent cumulables avec Erasmus+ et l'AMI.
- La Région Auvergne-Rhône-Alpes propose par exemple la bourse Mermoz.
- La Région Île-de-France dispose de la bourse Mobilité Île-de-France.
- La Région Grand Est offre également une aide à la mobilité internationale.
Les montants et les critères d'attribution varient fortement d'une région à l'autre (quotient familial, durée du séjour, type de formation). Il est conseillé de consulter le site du conseil régional de résidence ou de se renseigner auprès du service des relations internationales de l'université qui centralise généralement ces demandes.
Comment et quand effectuer les demandes ?
La clé pour obtenir ces financements réside dans l'anticipation. Les enveloppes budgétaires étant limitées, les demandes doivent souvent être déposées plusieurs mois avant le départ, généralement au moment de la constitution du dossier de candidature pour l'échange.
Les versements ne sont pas immédiats. Souvent, une première partie (70 à 80 %) est versée après l'arrivée sur place et la signature de l'attestation de présence, tandis que le solde est perçu au retour, une fois que l'étudiant a remis ses relevés de notes et validé son contrat d'études ou learning agreement.
Il est donc prudent de prévoir une trésorerie suffisante pour avancer les frais des deux premiers mois (logement, caution, transport) avant que les bourses ne soient effectivement virées sur le compte bancaire de l'étudiant.